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  • La fête du vin

     
    Tapisserie, probablement d'Aubusson. Circa 1945.
     
     
  • Bouquet galant

     
    Tapisserie d’Aubusson probablement tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°1/4. 1960.  
     
  • La cueillette

     
    Tapisserie. 1943.
     
     
  • La terre

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°EA. Circa 1965.
      Michel Tourlière, de par son oeuvre, de par ses responsabilités, est l’un des grands animateurs du renouveau de la Tapisserie au XXe siècle. Formé à L’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Toulière rencontre Lurçat dès 1945, éxécute son premier carton “le vigneron” en 1946 (année où il se fixe à Aubusson), est membre fondateur de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1947. Après ces débuts fulgurants, il devient professeur à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson, puis directeur de celle-ci en 1960, enfin directeur de celle de Paris en 1970, en même temps qu’il crée la Délégation à la création au Ministère de la Culture. Malgré ses nombreuses responsabilités officielles (qui lui vaudront d’ailleurs de nombreuses commandes publiques), Tourlière réalise de nombreux cartons (300 environ) dans un style abstrait lyrique, transcription personnelle de la nature,  fait de formes simplifiées (volutes, lentilles,…) dans des tons souvent chauds, teintes d’automne (oranges, rouges, bruns), striées (technique du “piqué”) pour donner un effet de relief ondulant.   Le titre est équivoque : s’agit-il là de la Terre (Tourlière a également fait tisser un « Univers »), ou, plus probablement, d’un renvoi au terroir, si cher à l’artiste, à ses habituels pierres, sable, ceps et vignes, dans une composition kaléidoscopique faites de formes ondulantes aux tons chauds.      Bibliographie : Cat. Expo. Tourlière rétrospective 1945-1985, Paris Arts Center, 1986, ill. p.31 Cat. Expo. Tourlière, Tapisseries, dessins 1945-1992, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1992-1993, ill.de la maquette p.73 Cat. Expo. Michel Tourlière rétrospective, Musée des Beaux-Arts de Beaune, 2017
     
  • Figure de trois

        Tapisserie tissée par l’atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°1/6. Circa 1970.     Artiste inconnue, dont l’inspiration se trouve dans la Musique et le solfège ; la géométrie du clavier, les lignes de la partition servent de trame au carton.
  • Concerto

        Tapisserie tissée par l’atelier de Saint-Cyr. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°1/6. Circa 1970.   Artiste inconnue, dont l’inspiration se trouve dans la Musique et le solfège ; la géométrie du clavier, les lignes de la partition servent de trame au carton.
  • Bouquet de pivoines

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée à l'Ecole Nationale d'Art Décoratif par Brignolas. 1931.
      Sollicité par Marius Martin pour donner des cartons à l’ENAD (Ecole Nationale d’Art Décoratif) d’Aubusson (en même temps que Lebasque ou Vera), ainsi qu’à Beauvais, Louis Valtat, qui est alors une des gloires de l’école française de Peinture (après avoir été un successeur des Nabis, puis un précurseur des Fauves, sans jamais se renier par la suite) voit ses (rares) tapisseries exposées au Salon de 1922, puis sur le stand de l’ENAD d’Aubusson à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Notre tapisserie est justement une reprise de celle de l’écran de cheminée, dans une monture de métal dessinée par Pierre Chareau, figurant à cette même exposition. Etant donnée la volonté de limiter les tons, conforme aux directives données par Marius Martin, le style de Valtat, fait d’effets de matière, est, malgré ses aplats cernés, difficile à restituer ; la position de Martin, qui souhaite en réalité s’éloigner de la Tapisserie à l’imitation de la Peinture, ne peut encore produire tous ses effets, faute d’avoir su toujours choisir des modèles adaptés à la transposition tissée.      Bibliographie : Cat.Expo. Tapisseries 1925, Cité de la Tapisserie, Aubusson, 2012, ill. p.128  
  • Bruit d'ailes

       
    Tapisserie tissée par l’atelier Braquenié. Avec son bolduc. Circa 1960.
      De la prolifique école belge de tapisserie moderne, Marie Dambiermont, qui en est l’une des protagonistes les plus sensibles, est résolument orientée vers la figuration. Ses débuts en tapisserie, à 24 ans, en 1956, préludent à une collaboration étroite avec la maison Braquenié, dès 1957, puis aux participations à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958,  et  aux 2 premières Biennales de tapisserie de Lausanne en 1962 et 1965. Son univers est singulier, fait de personnages hiératiques, souvent féminins, déployés dans des paysages oniriques, étranges et parfois inquiétants. L’osmose entre ses personnages et la Nature (et parfois ses êtres vivants, oiseaux, chevaux…) témoignent sans doute (aussi) d’une vision panthéiste : une Nature vivante, animée, et même bruyante.     Bibliographie : Paul Caso, Mary Dambiermont, Editions Arts et voyages, 1975, ill p.11  
  • La fleur et l'oiseau

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°2/4. 1966.
        “Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j’étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l’aide d’un code…..La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l’ai pratiquée, c’est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d’une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions” (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l’oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C’est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l’atelier Goubely); puis il rejoint l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d’autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,…), orientera résolument la tapisserie vers l’abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées et de tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige).   Le thème de la fleur (Flora, rose, pivoine, fleur….sont convoquées tour à tour) ne le cède qu’au théâtre shakespearien en nombre de cartons. Le recours à une composition binaire peut aussi s’exprimer dans de petits formats verticaux : « le papillon et la fleur » est le pendant de notre carton.   Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries , Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988
     
     
  • Roseaux

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc signé de l'artiste. Circa 1960.
        L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Le titre est littéral (ce qui est rare chez Lurçat, friand de symboles), mais les motifs sont en réalité interchangeables : l’univers de Lurçat est onirique, pas scientifique, d’où des libertés prises dans les représentations.   Bibliographie : Cat. Expo. Jean Lurçat, Tapisseries nouvelles, Maison de la pensée Française, 1956 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Cat. Expo. L’homme et ses lumières, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1992 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Jean Lurçat, le chant du Monde, Angers, 2007  
  • Epouvantail de lunes

      tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pérathon. Avec son bolduc, signé de l'artiste, n°1. Circa 1970.
      Plus connu pour ses tentures mécaniques proches de l’univers de Picart le Doux, Hurtu  a pu concevoir quelques rares cartons plus inspirés, tissés manuellement.
       
  • Univers végétal

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée pour Jansen. 1944.
       
  • Oiseau pilote

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc signé de l'artiste, n°1/6. 1969.
        Membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l’immédiat après-guerre. D’abord influencé par celui-ci, l’oeuvre de Wogensky (159 cartons d’après le catalogue d’exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d’oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S’il s’est toujours proclamé peintre, la réflexion de l’artiste sur la tapisserie est très aboutie : “Réaliser un carton mural…. c’est penser en fonction d’un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c’est aussi l’exigence d’un geste large qui transforme et accentue notre présence”.   « Oiseau Pilote », au singulier, comme la trajectoire « chronotissée » dans un azur rouge (cf. « Oiseaux de Midi », ou « Envol », de la même année) d’une forme (une force même !) qui guide et oriente : à suivre donc…   Bibliographie : Cat. Expo. Robert Wogensky, l’oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989 Cat. Expo. Tissages d’ateliers-tissages d’artistes, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 2004
  • Les nymphéas

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée dans les ateliers Pinton. Bolduc de l'éditeur, n°5/6. 1968.
     
    Attiré par les grandes surfaces, sous l’influence d’Untersteller à l’Ecole des Beaux-Arts, Hilaire a exécuté de nombreuses peintures murales. Logiquement, il a réalisé, à partir de 1949, en même temps que de nombreux artistes, stimulés par Lurçat (il fera partie à ses côtés de l’A.P.C.T., Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), de nombreux cartons (quelques dizaines), dont certains ont été tissés à Beauvais ou aux Gobelins.   Hilaire s’approprie le sujet, préempté par Monet, dans son style cubisant (et tendant vers l’abstraction) habituel, fait de lignes et de formes circulaires à la gamme chromatique bleue et verte exaltée. Sa passion pour l’horticulture, à laquelle il se destinait dans sa jeunesse, est ici comme un écho de celle de Monet à Giverny.
     
    Bibliographie : Cat. Expo., Hilaire, oeuvre tissé, galerie Verrière, 1970, ill. Cat. Expo. Hilaire, du trait à la lumière, Musée Départemental Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, 2010.
  • Poissons-voile

      tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc, signé de l'artiste, n°5/6. 1969.   Jean Picart le Doux est l’un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot “la Marseillaise”. Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,…), il est membre fondateur  de l’A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L’Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l’Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,…. Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d’inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles…), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux…), l’homme, les textes,….   « Poissons-voile » reprend le motif central de « Rouge de Chine » (Bruzeau n°178), de 1969, aux motifs d’algues, de coraux et de poissons, un classique de l’artiste. Par ailleurs, Picart le Doux est probablement le cartonnier ayant eu le plus souvent recours à des fonds rouges, en différentes nuances.     Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d’art, 1972 Cat. Exp. Jean Picart le Doux Tapisseries, Musée municipal d’Art et d’Histoire, Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980  
  • Eaux libres

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc signé de la veuve de l'artiste. Circa 1965.
      L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Le motif de l’armoire, cloisonnée, est parfois simplifié (cf. »la lyre d’Orphée ») : sur un tréteau surmonté d’un motif central se déploient 2 fenêtres symétriques animées d’une profusion de motifs, notamment aquatiques. Ces « eaux libres » se diffusent en gouttes irriguant les plantes en partie basse.     Bibliographie : Cat. Expo. Jean Lurçat, Tapisseries nouvelles, Maison de la pensée Française, 1956 Cat. Expo. Lurçat, 10ans après, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Cat. Expo. L’homme et ses lumières, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1992 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Jean Lurçat, le chant du Monde, Angers, 2007 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013
  • Tropiques

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Circa 1955.
     
    De retour en France dans les années 50, après un long séjour en Argentine, Berroeta donne alors de nombreux cartons dans un style d’abord figuratif (animaux, personnages,…) puis qui se tourne vers l’abstraction, comme dans sa peinture.   Influence du cubisme et lyrisme des couleurs cohabitent ici dans un carton qui est peut-être une réminiscence de l’Amérique du Sud.  
  • Enclos des brumes

     
    Tapisserie tissée par l’atelier Braquenié. Avec son bolduc, n°1. 1966.
        De la prolifique école belge de tapisserie moderne, Marie Dambiermont, qui en est l’une des protagonistes les plus sensibles, est résolument orientée vers la figuration. Ses débuts en tapisserie, à 24 ans, en 1956, préludent à une collaboration étroite avec la maison Braquenié, dès 1957, puis aux participations à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958,  et  aux 2 premières Biennales de tapisserie de Lausanne en 1962 et 1965. Son univers est singulier,  fait de personnages hiératiques, souvent féminins, déployés dans des paysages oniriques, étranges et parfois inquiétants. Elle expose en 1966 20 tapisseries sur le thème de l’enclos : si les clôtures y sont absentes, peut-être faut-il y voir néanmoins une allusion à l’ »hortus conclusus » médiéval qu’arpente la (une) Vierge, en osmose avec la Nature.   Bibliographie : Paul Caso, Mary Dambiermont, Editions Arts et voyages, 1975, ill p.67    
  • Composition

      Tapisserie d'Aubusson. n°1/6. Circa 1980.     Surtout connu pour ses compositions liées au thème du cirque, Cinquin, aubussonnais d’adoption, et professeur jusqu’à sa fermeture à l’Ecole Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson, était (il est décédé en 2019) l’un des derniers jalons à avoir cotoyé  les protagonistes de la Renaissance de la Tapisserie. Ce carton abstrait, aux couleurs acidulées, témoigne de la variété d’inspirations de l’artiste.  
  • Les petites algues

      Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc. Circa 1950.
        Jean Picart le Doux est l’un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot “la Marseillaise”. Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,…), il est membre fondateur  de l’A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L’Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l’Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,…. Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d’inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles…), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux…), l’homme, les textes,….   Les algues (et plus largement le monde sous-marin) ont été un leitmotiv pour Picart le Doux tout au long de son parcours, depuis « les algues » de 1946 ; on peut citer « Spiralgues », « Buisson d’algues », « les algues vertes »,… « Les petites algues » reprend, à plus petite échelle, « les algues », carton de 260 x 250 cm, Leleu en étant l’éditeur. Les algues éponymes, telle une dentelle végétale, cernent un carreau dressé de coquillages et d’étoiles de mer, nature morte qui est le véritable sujet du carton.     Bibliographie : Marthe Belle-Joufray, Jean Picart le Doux, Publications filmées d’art et d’histoire, 1966 Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d’art, 1972 Cat. Exp. Jean Picart le Doux Tapisseries, Musée municipal d’Art et d’Histoire, Saint-Denis, 1976 Cat. Exp. Jean Picart le Doux, Musée de la Poste, 1980
               
  • Adam et Eve

      Tapisserie tissée par l'atelier du Moulin de Vauboyen 1967.     Foujita est l'un des nombreux artistes tissés à Bièvres au Moulin de Vauboyen (d'où la marque MV tissée dans la trame des tapisseries), transformé à partir de 1959 en Centre Culturel par Pierre de Tartas, et dédié à l'art figuratif. Y passeront Cocteau, Carzou, Erni, Volti,.... et bien d'autres qui y réaliseront de nombreuses oeuvres, monumentales, ainsi que dans les arts appliqués (l'illustration de livres notamment).   Foujita n'a fait que peu de cartons pour des tapisseries, toutes tissées à Bièvres, chez Pierre de Tartas. Ici, contrairement à ses autres réalisations tissées, son style se démarque de sa production picturale : quasi-monochromie, stylisation (bien loin de la souplesse de pinceau de l'artiste); quant au thème biblique, il témoigne de sa récente conversion au catholicisme. Une autre tapisserie, de sujet et dimensions semblables, mais dans une gamme chromatique claire,  a également été tissée à Bièvres.
     
     
     
  • Marchande de lait

      Tapisserie tissée par l'atelier du Moulin de Vauboyen 1965.   Foujita est l’un des nombreux artistes tissés à Bièvres au Moulin de Vauboyen (d’où la marque MV tissée dans la trame des tapisseries), transformé à partir de 1959 en Centre Culturel par Pierre de Tartas, et dédié à l’art figuratif. Y passeront Cocteau, Carzou, Erni, Volti,…. et bien d’autres qui y réaliseront de nombreuses oeuvres, monumentales, ainsi que dans les arts appliqués (l’illustration de livres notamment).   Foujita n’a fait que peu de cartons pour des tapisseries, toutes tissées à Bièvres, chez Pierre de Tartas. Celui de notre tapisserie (une aquarelle de format 147 x 157 cm) est passé en vente le 8 décembre 2015 chez Tajan, et un autre dessin préparatoire a figuré dans la succession Kimiyo Foujita (Cornette de Saint Cyr, 28 October 2013, lot 167c). Les représentations d’enfants deviennent (encore plus) nombreuses dans l’après-guerre : même type physique au front haut, yeux écartés, nez fin, bouche charnue, et parfois exerçant de petits métiers dans une typologie obsolète que n’aurait pas reniée Poulbot.
     
     
     
  • Composition

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Andraud. Circa 1960.
        Claude Bleynie découvre la tapisserie avec Jean Picart le Doux en 1952. Il expose alors à la galerie La Demeure (dès 1958) et participe aux principales expositions consacrées à l’art mural. Son oeuvre tissée représente plus de 300 cartons, principalement édités par les ateliers Andraud. Bleynie, dans une veine plus abstraite (que l’on retrouve parfois aussi en tapisserie), a notamment dessiné des cartons de tapis destinés à l’appartement grand luxe “Ile de France” du paquebot “France”.   Egalement décorateur de théâtre, Bleynie a conçu de nombreux cartons inspirés par la Danse, et animés de figures masquées et ailées, dans un esprit féérique.
  • Chasse à courre

     
    Tapisserie tissée par l’atelier du moulin de Vauboyen. Circa 1970.
        Actualisation d’un thème traditionnel de la tapisserie (cf. les chasses de Maximilien entre autres) dans une gamme chromatique automnale. Commere était l’un des nombreux artistes figuratifs « défendus » au Moulin de Vauboyen par Pierre de Tartas.
  • Marché aux chameaux

       
     
    Tapisserie d’Aubusson éditée par jean Laurent. Avec son bolduc, n°EX/A. 1980.  
    A l’instar de Toffoli, Raymond Poulet a parcouru le Monde, et ses voyages lui ont servi de thèmes d’inspiration ; l’inspiration orientaliste n’a guère précédents en tapisserie que chez Bezombes.  
     
  • Feu pour Law

      Tapisserie d'Aubusson tissée par les ateliers Pinton frères. Avec son bolduc signé, n°1/6. Circa 1970.
     
    Holger a été élève à l'Ecole Nationale d'Art Décoratif d'Aubusson, et a travaillé avec Lurçat avant la mort de celui-ci, en 1966. Il a réalisé de nombreux cartons oniriques tissés à Aubusson. Etabli aux Etats-Unis, il reste un infatigable défenseur, et témoin, de la tapisserie moderne, en organisant  expositions et  conférences sur le sujet.
     
  • L'herbier

     
    Tapisserie  tissée par l’atelier Braquenié. 1963.
        Van Vlasselaer (1907-1982) est l'auteur de nombreuses compositions murales monumentales, ainsi que de vitraux. Dès 1950, il crée des cartons de tapisserie inspirés de scènes de la vie quotidienne, du folklore flamand et de la nature, à l’aune des membres du groupe « Forces Murales ». Son oeuvre, d'abord figurative, évolue vers de denses sujets végétaux aux motifs acérés, qui se déploient sur des fonds géométriques, influencée par le cubisme, comme en témoignent « Primavera », « Herbarium »,....
    Notre tapisserie est d’ailleurs un fragment, central, de cette dernière, vaste composition ayant figurée à la Biennale de Lausanne en 1965.  
  • Soleil

     
    Tapisserie tissée par l’atelier Baudonnet. N°1/6. Circa 1970.  
      Lurçat sollicite Saint-Saëns, d'abord fresquiste, dès 1940. Et, pendant la guerre, celui-ci produit ses premiers chefs d'oeuvre allégoriques, tapisseries d'indignation, de combat, de résistance : "les Vierges folles", "Thésée et le Minotaure". A l'issue de la guerre, tout naturellement, il rejoint Lurçat dont il partage les convictions (sur le carton numéroté et les tons comptés,  sur l'écriture spécifique que requiert la tapisserie,...) au sein de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie). Son univers, où la figure humaine, étirée, allongée,  tient une place considérable (comparée notamment à la place qu'elle occupe chez ses confrères Lurçat, ou Picart le Doux),  tourne autours de thèmes traditionnels : la femme, la Commedia dell'arte, les mythes grecs,..., sublimés par l'éclat des coloris et la simplification de la mise en page. Il évoluera ensuite, dans les années 60 vers des cartons plus lyriques, presque abstraits, où dominent éléments et forces cosmiques.   Dans les années 60, Saint-Saëns évolue vers un style plus abstrait aux couleurs acides fortement contrastées, et accentue son intérêts pour les grands phénomènes de la Nature (« les saisons », l’éclair »…)     Bibliographie : Cat. Expo. Saint-Saëns, galerie La Demeure, 1970 Cat. Expo. Saint-Saëns, oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1987 Cat. Expo. Marc Saint-Saëns, tapisseries, 1935-1979, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1997-1998
  • Clarté

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. Avec son bolduc. 1965.
        Membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), Wogensky est un des nombreux artistes qui se consacreront à la tapisserie à la suite de Lurçat, dans l'immédiat après-guerre. D'abord influencé par celui-ci, l'oeuvre de Wogensky (159 cartons d'après le catalogue d'exposition de 1989) évolue ensuite ensuite dans les années 60 vers une abstraction lyrique pas toujours complètement assumée, des thèmes cosmiques-astronomiques aux formes d'oiseaux décomposées et en mouvement, vers des cartons plus épurés et moins denses. S'il s'est toujours proclamé peintre, la réflexion de l'artiste sur la tapisserie est très aboutie : "Réaliser un carton mural.... c'est penser en fonction d'un espace qui ne nous appartient plus, par ses dimensions, son échelle, c'est aussi l'exigence d'un geste large qui transforme et accentue notre présence".   C’est dans les années 60 que se multiplient chez Wogensky les cartons « informels  abstraits » (Jean Paulhan) qui abordent les Eléments (« les 4 Eléments » date de 1963), notamment le Feu. « Clarté », avec ses embrasements formels dispersés comme par le vent est exemplaire de cette veine ; elle témoigne aussi, significativement, d’un éclaircissement de la gamme chromatique de l’artiste.   Bibliographie : Cat. Expo. Robert Wogensky, l'oeuvre tissé, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1989, ill. p.26 Cat. Expo. Robert Wogensky, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1989 Cat. Expo. Tissages d'ateliers-tissages d'artistes, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 2004
  • Rêve gris

     
    Tapisserie d'Aubusson tissée par l’atelier Glaudin-Brivet. Avec son bolduc signé de l'artiste, n°6/6. Circa 1980.  
    Artiste non référencée, Monique Brix a donné quelques cartons à Aubusson, tissés chez Glaudin-Brivet ou chez Pinton.    
  • Vin de rubis

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud. Avec son bolduc signé de l'artiste. 1952.
         
    Michel Tourlière, de par son oeuvre, de par ses responsabilités, est l'un des grands animateurs du renouveau de la Tapisserie au XXe siècle. Formé à L'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Toulière rencontre Lurçat dès 1945, éxécute son premier carton "le vigneron" en 1946 (année où il se fixe à Aubusson), est membre fondateur de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1947. Après ces débuts fulgurants, il devient professeur à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs d'Aubusson, puis directeur de celle-ci en 1960, enfin directeur de celle de Paris en 1970, en même temps qu'il crée la Délégation à la création au Ministère de la Culture. Malgré ses nombreuses responsabilités officielles (qui lui vaudront d'ailleurs de nombreuses commandes publiques), Tourlière réalise de nombreux cartons (300 environ) dans un style abstrait lyrique, transcription personnelle de la nature,  fait de formes simplifiées (volutes, lentilles,...) dans des tons souvent chauds, teintes d'automne (oranges, rouges, bruns), striées (technique du "piqué") pour donner un effet de relief ondulant.   La Bourgogne, la vigne, le vin, sont des leitmotiv chez Tourlière. « « Vin de rubis » renoue avec l’inspiration vinicole….. les rythmes se déroulent en cercles ou demi-cercles gauchis de taches et d’aplats aux semis éparpillés rouge, gris et bleu sur fond noir . Ce « vin de rubis » est comme un soleil nocturne éclaté. »(Pierre Cabanne dans Tourlière rétrospective 1945-1985). Ou comme une immersion dans une tasse à vin.
       
    Bibliographie : J. Cassou, M. Damain, R. Moutard-Uldry, la tapisserie française et les peintres cartonniers, Tel, 1957, ill. p. 137 Collectif, Le grand livre de la Tapisserie, Edita, 1965, ill. p.184 Cat. Expo. Tourlière rétrospective 1945-1985, Paris Arts Center, 1986, ill. p.31 Cat. Expo. Tourlière, Tapisseries, dessins 1945-1992, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Aubusson, Musée Départemental de la Tapisserie, 1992-1993
     
  • Comme un poisson dans l'eau

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier André. Avec son bolduc signé de l'artiste. Circa 1955.
        L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Le titre, expression familière qui renvoie au motif du poisson (chez Lurçat, une métaphore de l’élément aquatique), est contredit par le cerne rouge qui cloisonne l’espace (à l’instar des armoires fréquemment illustrées par Lurçat). N’est-ce pas un aquarium plutôt que des poissons s’épanouissant dans leur élément naturel, que Lurçat veut nous montrer ?       Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat, Meister der französischen Moderne, Halle, Kunsthalle, 2016 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Linéaire

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc signé de l'artiste. 1974.
      Maurice André a séjourné Aubusson pendant toute la guerre. Fondateur du groupe coopératif « Tapisserie de France », et membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), il développe une esthétique  personnelle, loin de Lurçat, fait de rigoureux aplats cubisants, dans une gamme chromatique souvent épurée, et reçoit d’ambitieuses commandes publiques, pour le Conseil de l’Europe à Strasbourg ( « L’Europe unie dans le Travail et la Paix »), ou le Pavillon Français pour l’Exposition de 1958 à Bruxelles («  La Technique moderne au service de l’Homme »). Tout naturellement (et comme Wogensky, Prassinos,…), il évolue ensuite vers l’abstraction, d’abord plutôt lyrique puis dans un style de plus en plus géométrique, dans une trajectoire très proche de celle de Matégot.   Dans l’ultime style d’André, la géométrie et ses aplats sont tempérés d’hachures, rayures et autres dégradés.
     
     
  • Soleil sur la colline

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°EA. Circa 1970.
       
    "D'abord j'aime la laine, sa chaleur....Dans la tapisserie, je peux utiliser la couleur et le graphisme..." écrira l'artiste dans "La sculpture", Paris, 1968. Surtout connu comme sculpteur, Gilioli réalisera son premier carton en 1949, avant d'obtenir en 1957 le Prix de la Tapisserie à la Biennale de Sao Paulo; il réalisera une centaine de tapisseries, tissée par les ateliers Pinton et Picaud.   « Soleil sur la colline» témoigne de l’austérité atteinte par Gilioli dans certains de ces cartons : purement géométrique (avec un cercle plein, récurrent), en noir et blanc; on peut y voir aussi une évocation stylisée des paysages autour de Grenoble, chers à l’artiste. Le motif sera décliné également en sculpture.     Bibliographie : Cat. Exp. Gilioli, galerie La Demeure, 1971 Cat.Exp. Des sculpteurs et la Tapisserie, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1995, p.45 et suivantes Cat. Exp. Gilioli Tapisseries, Paris, Fondation Dina Vierny, 1997    
  • Nature morte au balcon

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton. Avec son bolduc. Circa 1950.  
     
    Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l’Etat, avant de participer à la décoration du paquebot “France”. D’abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l’abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80. Elève à l’Ecole des Arts Appliqués, Fumeron s’est penché sur les procédés et les principes inhérents à la réalisation de papiers peints et de tissus imprimés. C’est une esthétique qui inspirera l’artiste dans ses cartons, parfois comme ici avec des teintes très acidulées, assez inhabituelles en tapisserie.
     
  • La rivière d'argent

      Tapisserie d’Aubusson tissée dans les ateliers Hamot d’après un carton de l’artiste. Avec son bolduc signé de l’artiste. Circa 1960.   C’est en 1953 que Jean Picart le Doux offre à Chaye de devenir son assistant et l’encourage à créer des cartons de tapisserie : il réalisera alors de nombreux cartons bucoliques, mais aussi des vues de Normandie (Mont Saint Michel, Honfleur, régates,…), dont il est originaire.   Carton classique de la veine naturaliste de l’artiste, spécialiste des enclos, haies et autres bords de rivière, animés d’animaux.
  • Chili

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Pinton. Avec son bolduc signé de l'artiste. Circa 1955.
        L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Une fois de plus, le titre renvoie à l’Amérique du Sud. Quant au motif circulaire accompagné d’une chouette, c’est un classique, cf. par exemple « Forêt bleue » ou « la chouette des figuiers »,…     Bibliographie : Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat, Meister der französischen Moderne, Halle, Kunsthalle, 2016 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Gilet l'enfant aux mirages

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Legoueix. 1997.  
    Provenance : atelier Sautour-Gaillard  
    Elève de Wogensky à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués, Sautour-Gaillard voit son premier carton tissé en 1971 par l'atelier Legoueix (une collaboration qui ne s'est pas démentie par la suite), et il multiplie ensuite les projets monumentaux, dont le plus spectaculaire est "Pour un certain idéal", tenture de 17 tapisseries sur le thème de l'olympisme (conservée au Musée de l'Olympisme de Lausanne). D' abord proche de l'abstraction lyrique, l'artiste réalise dans les années 90 des cartons à base d'assemblages de motifs décoratifs, de textures et de figures, apparemment superposés et comme unifiés dans le tissage.   Les 2 gilets de l’exposition « Archéologies » tenue à la galerie Inard en 1997 témoignent de la volonté de la « filière Aubusson », alors en plein désarroi, de varier ses productions : Sautour-Gaillard, grand collectionneurs de tissus lui-même, y montre la même inspiration que dans ses collages tissés contemporains.   Bibliographie : D. Cavelier, Jean-René Sautour-Gaillard, la déchirure, Lelivredart, 2013, reproduite p.6 (porté par l’artiste), 296
     
  • Mirage

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l'atelier Pinton Avec son bolduc. Circa 1965.  
    Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l’Etat, avant de participer à la décoration du paquebot “France”. D’abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l’abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80. Intéressant carton de Fumeron dans sa meilleure veine abstraite, qui le fait ici l’égal de Matégot
     
     
     
  • Oiseaux de proie

    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé du cachet, et du fils de l'artiste, n°6/6 1941.
      L’Œuvre tissée de Gromaire est modeste :  11 cartons, conçus entre 1938 et 1944, la plupart à Aubusson même. « Ses constructions rigoureuse, ses simplifications, son goût de la grande composition et des grandes idées fondamentales, sa science de coloriste et pour tout résumer sa suprême qualité de maître et d’ouvrier, tout cela devait faire de lui un des plus parfaits tapissiers de son temps », pourra dire Jean Cassou (Cat. Expo. Marcel Gromaire, Paris, Musée National d’art moderne, 1963). C’est Guillaume Janneau, à la tête du Mobilier National , qui fait appel à lui en 1938, persuadé que son style (simplification des formes, dessin géométrique cerné de noirs, influence du cubisme, palette limitée …) répondra  avantageusement aux problèmes esthétiques nouveaux que doit résoudre la tapisserie pour renaître (gammes de couleurs simplifiées, cartons synthétiques,…) : d’abord avec une commande sur le thème des quatre éléments, suivie d’une autre (« les Saisons »), destinée à être exécutée à Aubusson. Gromaire, en 1940 y rejoint Lurçat et Dubreuil. Travaillant seul, méticuleusement (de nombreux dessins sont préparatoires au carton, peint, et non numéroté comme chez Lurçat), en étroite collaboration avec Suzanne Goubely, qui tissera tous ses cartons, il passe 4 ans à Aubusson, vouant toutes ses forces créatives à la tapisserie. A l’issue de la guerre, il quitte la Creuse, et ne réalisera plus de cartons, laissant à Lurçat la place de grand initiateur du renouveau de la tapisserie. « Oiseaux de proie» est l’un des 5 cartons conçus par Gromaire pour l’atelier Goubely pendant la Guerre , et il est emblématique de son style : inspiration d’après les paysages locaux, absence de perspective, aspect décoratif foisonnant et rigoureusement ordonnancé, gamme chromatique resserrée (on notera d’ailleurs, dans cette France occupée, la dominante tricolore du carton)… L’ambiance y est aussi plus inquiétante que dans les autres tapisseries alors tissées.     Bibliographie : Le Point, Aubusson et la renaissance de la tapisserie, mars 1946, reproduite p.35 Jean Lurçat, Tapisserie française, Bordas, 1947, planche 27 J. Cassou, M. Damain, R. Moutard-Uldry, la tapisserie française et les peintres cartonniers, Tel, 1957 Cat. Expo., Gromaire, œuvre tissée, Aubusson,  Musée de la tapisserie, 1995, reproduit p.49 Colloque, Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la tapisserie, 1992, ill.14 (détail) Cat. Expo. La manufacture des Gobelins dans la première moitié du XXe siècle, Beauvais, Galerie nationale de la tapisserie, 1999
     
     
  • Composition

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée Pour l'éditeur "le mur du nomade" N°6/6. Circa 1970.  
    Fumeron réalise ses premiers cartons (il en réalisera plus de 500) dès les années 40, en collaborant avec les ateliers Pinton, puis en recevant de nombreuses commandes de l'Etat, avant de participer à la décoration du paquebot "France". D'abord figuratif, et influencé par Lurçat, il évolue vers l'abstraction, avant de revenir vers une figuration colorée et réaliste à partir des années 80.   Carton abstrait typique de l'artiste, dans une veine (et une gamme chromatique !) qui le rapproche de Borderie ou de Wogensky, et qui témoigne de son invention sans cesse renouvelée.
     
     
  • Le bois de Boulogne

     
    Tapisserie tissée par l’atelier de Colombes pour ART (Atelier de Rénovation de la Tapisserie). 1949.  
    D’origine suisse, Naly fait partie de ces artistes étrangers attirés par la Butte dans les années 30, quand Paris était encore le phare de la création artistique internationale. Peintre, graveur, illustrateur, décorateur, Naly conçut quelques cartons pour ART. La vue topographique panoramique fût d’ailleurs une des spécialités de l’atelier, Bobot, Dufau s’y essayant aussi.
  • Soleil couchant

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée dans les ateliers Pinton. Bolduc signé de l’artiste, n°2/6. Circa 1965.
      Attiré par les grandes surfaces, sous l’influence d’Untersteller à l’Ecole des Beaux-Arts, Hilaire a éxécuté de nombreuses peintures murales. Logiquement, il a réalisé, à partir de 1949, en même temps que de nombreux artistes, stimulés par Lurçat (il fera partie à ses côtés de l’A.P.C.T., Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie), de nombreux cartons (quelques dizaines), dont certains ont été tissés à Beauvais ou aux Gobelins.   « Soleil dans les joncs », « coucher de soleil »,…., témoignent de ce que le motif est récurrent chez l’artiste (sans compter les cartons où le soleil apparaît, mais pas dans le titre : « Camargue » par exemple) : ces motifs permettent un jeu sur la lumière et les contrastes, et la mise en place d’une perspective rare alors en tapisserie.   Bibliographie : Cat. Expo., Hilaire, oeuvre tissé, galerie Verrière, 1970 Cat. Expo. Hilaire, du trait à la lumière, Musée Départemental Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, 2010.
     
  • Le réviseur

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Picaud. Avec son bolduc, n°1/8. Circa 1980.  
    Marc Petit rencontre Jean Lurçat en 1954, séjourne à Aubusson en 1955, expose pour la première fois à La Demeure en 1956, devient membre de l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) en 1958. A partir de ces débuts fulgurants, il produit des centaines de cartons, dans un style très personnel, où des échassiers croisent des funambules dans des paysages oniriques.   Amusant carton, sorte d’antithèse figurée de l’auteur et son réviseur : elle s’exprime par cette curieuse association du poisson et de l’oiseau, dans une gamme chromatique extrêmement vive.
     
  • Le petit basset

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Tabard. 1954.
     
    L’Œuvre de Lurçat est immense : c’est toutefois son rôle dans la rénovation de l’art de la tapisserie qui lui vaut d’être passé à la postérité. Dès 1917, il commence par des œuvres au canevas, puis, dans les années 20 et 30, il travaillera avec Marie Cuttoli. Sa première collaboration avec les Gobelins date de 1937, alors qu’il découvre simultanément la tenture de l’Apocalypse d’Angers qui l’incite définitivement à se consacrer à la tapisserie. Il abordera les questions techniques d’abord avec François Tabard, puis à l’occasion de son installation à Aubusson pendant la guerre, il définira son système : gros point, tons comptés, cartons dessinés numérotés. Une production gigantesque commence alors (plus de 1000 cartons), amplifiée par la volonté d‘entraîner ses amis peintres,  la création de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie) et  la collaboration avec la galerie La Demeure et Denise Majorel, puis par son rôle d’inlassable propagateur du médium à travers le Monde. Son œuvre tissée témoigne d’un art d’imagier spécifiquement décoratif, dans une iconographie symbolique très personnelle, cosmogonique (soleil, planètes, zodiaque, 4 éléments…), végétale stylisée, animale (boucs, coqs, papillons, chimères…), se détachent sur un fond sans perspective (volontairement éloigné de la peinture), et destinée, dans ses cartons les plus ambitieux, à faire partager une vision à la fois poétique (il émaille d’ailleurs parfois ces tapisseries de citations) et philosophique (les grands thèmes sont abordés dès la guerre : la liberté, la résistance, la fraternité, la vérité… ) et dont le point culminant sera le « Chant du Monde » ( Musée Jean Lurçat, ancien hôpital Saint-Jean, Angers) , inachevé à sa mort.   Amateur de chiens, Lurçat avait des lévriers afghans. Si on les retrouve épisodiquement dans ses cartons, Lurçat n’arrive pas à s’abstraire de leur aspect : son « basset » n’en a que le nom.   Bibliographie : Claude Roy, Lurçat, Pierre Cailler Editeur, ill. n°101 Tapisseries de Jean Lurçat 1939-1957, Pierre Vorms Editeur, 1957 Cat. Expo. Lurçat, 10 ans après, Musée d'Art moderne de la ville de Paris, 1976 Cat. Expo. Les domaines de Jean Lurçat, Angers, Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, 1986 Colloque Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1992 Cat. Expo. Dialogues avec Lurçat, Musées de Basse-Normandie, 1992 Cat. Expo. Jean Lurçat, Donation Simone Lurçat, Académie des Beaux-Arts, 2004 Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, 2013 Cat. Expo. Jean Lurçat au seul bruit du soleil, Paris, galerie des Gobelins, 2016  
  • Le songe d'une nuit d'été

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier Goubely. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°1/4. 1963.  
    "Je me suis intéressé à la tapisserie surtout parce que j'étais excité par la technique du carton numéroté qui consiste à fabriquer une image colorée mentale à l'aide d'un code.....La tapisserie est un exercice essentiel. Telle que je l'ai pratiquée, c'est peut-être une volonté de mettre en question les moindres détails d'une oeuvre faite sur un plan à deux dimensions" (propos recueillis dans Cat. Exp. Prassinos, rétrospective de l'oeuvre peint et dessiné, Puyricard, 1983) Voilà pour le credo. C'est en 1951 que Prassinos réalise ses premiers cartons (la plupart, 150 environ, seront tissés par l'atelier Goubely); puis il rejoint l'A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Après quelques cartons sur le thème des oiseaux, Prassinos, comme d'autres artistes proches de Lurçat pourtant (Matégot, Wogensky,...), orientera résolument la tapisserie vers l'abstraction, dans un style personnel fait de formes sinueuses imbriquées et de tons contrastés (souvent dans une gamme de couleurs noir-rouge-marron-beige). Le lien tapisserie-théâtre apparaît à Prassinos comme une évidence : « Destinée à des lieux précis, à des fonctions architecturales, la grande tapisserie fait penser au théâtre. Ce n’est pas par caprice que certaines de mes grandes tapisseries portent le nom de tragédies de Shakespeare. » écrit-il en 1967 dans « Le petit traité du carton de tapisserie », alors que depuis « Roméo et Juliette » en 1961, les références shakespeariennes se multiplient, pièces ou personnages. On notera ici que l’intérêt de Prassinos ne se limite pas aux tragédies de Shakespeare. A cet égard, et peut-être dans une volonté de montrer tous les aspects de la création shakespearienne, l’un des éléments du triptyque  « Hommage à Shakespeare » tissé aux Gobelins, comprend un « Songe d’une nuit d’été », d’une trentaine de m² celui-là.   Bibliographie : Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries monumentales, abbaye de Montmajour, Arles, 1974 Cat. Expo. Mario Prassinos, Tapisseries , Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1984 Cat. Expo. Prassinos, Tapisseries, Angers, Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, 1988
  • Composition

      tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc. Circa 1960.     Encore un artiste ayant fait un détour par la tapisserie ! Ici, dans un style géométrique et coloré.  
  • Fleurs sauvages

     
    Tapisserie d’Aubusson. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°EA. Circa 1980.
      Peintre-cartonnier, maître-lissier, directeur de la manufacture Hamot à Aubusson, ayant notamment tissé Sheila Hicks : la variété des talents d’Hecquet est indéniable. Son œuvre de peintre-cartonnier, débutée à la fin des années 60, reste néanmoins méconnue, comme celles de nombre de ses pairs de même génération.
  • Faiseur d'étoiles

     
    Tapisserie d’Aubusson tissée par l’atelier André. Avec son bolduc signé de l’artiste, n°3/3. 1957.
      Après l’habituel passage par la décoration murales dans les années 30, Jullien vient à Aubusson en 1936, se lie à Picart le Doux en 1947 et devient membre de l’A.P.C.T. (Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie). Il se consacre alors à la tapisserie avec zèle et réalisera 167 cartons, d’abord figuratives, à la suite de Picart le Doux et de Saint-Saëns, puis sous l’influence des thèmes scientifiques abordés, il évolue vers l’abstraction. En 1981, deux ans avant sa mort, il fait don de son atelier au Musée départemental de la tapisserie à Aubusson. L’intérêt de Jullien pour les sciences et les techniques s’est très tôt manifesté, dès la fin des années 50, et il reste un cas assez rare, et éphémère, en tapisserie (malgré les incursions de Matégot, Maurice André, et de Millecamps surtout), qui s’inscrit dans le contexte des 30 glorieuses. Jullien conçoit, en 1961, sous le titre « Espace Poétique de l’Industrie » une exposition de ses créations sur le sujet où, à côté de « Diamant noir » (la mine), « Métropolis » (les raffineries), …., figure notre «faiseur d’étoiles », allégorie de la soudure autogène. Bibliographie : Cat. Expo. Espace poétique de l'industrie, galerie La Demeure, 1961 (reproduite) Cat. Expo. Hommage à Louis-Marie Jullien, Aubusson, Musée départemental de la Tapisserie, 1983
  • Soleil

      tapisserie d'Aubusson tissée par l'atelier Picaud. Avec son bolduc, signée de la veuve de l'artiste, n°5/6. Circa 1980.         Jean Picart le Doux est l'un des grands animateurs du renouveau de la tapisserie. Ses débuts dans le domaine datent de 1943 : il réalise alors des cartons pour le paquebot "la Marseillaise". Proche de Lurçat, dont il épouse les théories (tons limités, cartons numérotés,...), il est membre fondateur  de l'A.P.C.T.(Association des Peintres-cartonniers de Tapisserie), et bientôt professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. L'Etat lui commande de nombreux cartons tissés pour la plupart à Aubusson, pour certains aux Gobelins : les plus spectaculaires le seront pour l'Université de Caen, le Théâtre du Mans, le Paquebot France ou la Préfecture de la Creuse,.... Si les conceptions de Picart le Doux  sont proches de celles de Lurçat, ses sources d'inspiration, ses thématiques, le sont aussi,  mais dans un registre plus décoratif que symbolique, où se côtoient les astres (le soleil, la lune, les étoiles...), les éléments, la nature (le blé, la vigne, les poissons, les oiseaux...), l'homme, les textes,....     Carton résolument ramassé et extrêmement décoratif dans sa symétrie : si le soleil est un poncif chez Picart le Doux, il est systématiquement convié dans une composition plus large, astronomique, symbolique, agricole,...(on citera "Soleil et temps", "Le soleil et l'espérance,  "Soleil-Lune", "Soleil d'Orphée",...) Le soleil ici se suffit à lui-même.     Bibliographie : Maurice Bruzeau, Jean Picart le Doux, Murs de soleil, Editions Cercle d'art, 1972    
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